Travail ou emploi ?

A nous de choisir !

Vaste sujet !

Réveil qui sonne le matin, transports, factures à payer, impôts, passer le tiers de la journée à faire des tâches dont on ne comprend pas le sens, un salaire tout juste suffisant... LE moyen de subsistance...

En fait, ça c'est de l'emploi. Le travail, c'est autre chose.

Le travail pour soi et pour les autres

Moteur de la société

Quand on travaille, on met son énergie au service des autres comme de soi-même : c'est un boulanger qui nourrit le quartier, un soignant qui sauve et protège des vies, un charpentier ou un maçon qui construit une maison, des éboueurs qui assurent un niveau d'hygiène...

Chacun a un rôle à jouer. Par son activité, on se rend utile et on participe à la construction et la pérennisation de la société.

Épanouissement personnel

Au-delà du salaire, le travail est un excellent terrain d'apprentissage qui pousse à se dépasser, à surmonter des obstacles, à se découvrir des talents qu'on ne soupçonnait même pas. On améliore sa qualification.

Réussir un projet ou maîtriser une nouvelle compétence donne de l'assurance, de la confiance en soi. Le travail devient une source d'épanouissement en aidant à devenir une personne plus accomplie. Et plus on progresse, mieux on travaille. Un cercle vertueux.

Et quelle fierté on peut ressentir pour un travail bien fait !

Obligation et droit

Eh oui ! Pas d'agriculteur, pas de bouffe. Pas d'ouvrier, pas de maison.

"Ce sont nos obligations envers les autres qui créent nos droits." Simone Weil

Le travail reste un devoir. Chacun sa part dans la communauté. Par ce devoir, j'acquiers le droit de manger, me loger, m'habiller, et, "last but not least", celui d'être respecté, protégé et d'avoir une place digne dans la société. Par mon travail, on reconnaît ma valeur. C'est un contrat social, un contrat de respect mutuel.

Et alors ?

Le travail demande un effort, c'est vrai. Mais en échange, il implique un rôle dans la société et une occasion de grandir, de se perfectionner. Trouver un travail qui respecte cet équilibre, c'est peut-être cela, la clé du bonheur professionnel.

Et l'emploi dans tout ça ??

On confond le travail avec l'emploi. Mais ça n'est pas la même chose. L'emploi, c'est du travail, oui, mais dans le cadre juridique et économique actuel, formalisé par un contrat et rémunéré par un salaire.

Les moyens de production

C'est l'employeur qui est propriétaire des moyens de production : locaux, machines, bureaux... Le salarié utilise ces outils, parfois inadaptés aux activités professionnelles, selon les exigences de l'employeur qui, à part dans certaines entreprises de taille modérée, ne les utilise pas lui-même.

L'employeur, en tant que détenteur des moyens de production, détermine la nature de la production, les méthodes de travail et les critères de recrutement.

Lien de subordination

L'emploi, c'est la subordination à un employeur, impliquant une forte dépendance. L'employé vend son temps, sa force de travail, et accepte de recevoir des ordres d'une hiérarchie, de suivre des directives imposées et d'être contrôlé.

Le contrat de travail officialise ce lien de subordination et décrit les modalités d'occupation d'un poste de travail par un employé : tarif horaire, durée de travail, qualification liée au poste...

La dépendance

Toute personne est amenée à un moment de sa vie à vendre sa force de travail sur un marché du travail. Après recrutement, sur signature d'un contrat, on dépend entièrement de cet emploi pour toucher le salaire qui permet de vivre. Pas de contrat, pas de possibilité de subsistance.

La perte de sens

Le problème n'est pas le travail en soi, mais son organisation. Le salarié n'a aucune prise sur ce qu'il fait et ignore bien souvent les finalités de sa production. Cette subordination permanente et cette perte de sens génèrent le stress, le mal-être et l'épuisement professionnel.

Quand la subordination devient trop lourde ou que l'on n'est plus qu'un pion exécutant des tâches décidées par d'autres, le lien se brise. Le travail (qui devrait être une source d'épanouissement et de fierté) est alors étouffé par la logique de l'emploi. C'est là que l'on commence à subir son quotidien et à ne plus trouver aucun sens à ce que l'on fait.

Que faire ?

Cette organisation du travail est tellement enraciné en nous qu'il est difficile d'entrevoir une porte de sortie. Mais nous ne sommes pas condamnés à cette situation. D'autres possibilités sont envisageables par la réappropriation, par les travailleurs, des moyens de production. Il appartient à chacun, salarié ou non, de déterminer ce qui est utile, en terme de valeur d'usage et non pour la valeur économique de ce qu'on produit.

Je m’intéresse de près aux théories de Bernard Friot et du Réseau Salariat, partant sur des bases déjà connues : le fonctionnement de la sécurité sociale ou le grade d'un fonctionnaire.

Je vous invite à découvrir leurs travaux, que ce soit par les livres (fortement conseillés), les rediffusions de conférences et interviews sur Youtube et les articles que l'on peut trouver sur le site du réseau salariat. Ils répondent en grande partie aux questions qu'elles suscitent mais méritent, je crois, toute notre attention.

Sur ce, merci de votre attention et bon courage à tous !